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De Sultanhani à Kayseri - La Cappadoce et un volcan

  • Photo du rédacteur: Alice Martin
    Alice Martin
  • 20 sept. 2022
  • 13 min de lecture

12 Septembre, jour 10 - de Sultananhi à Gozelyurt


Le dimanche 11 Septembre, c’est journée de repos à Sultananhi en grande partie occupée par la logistique usuelle du cyclo-voyageur (lessive, maintenance du vélo, lecture, mise à jour du blog).

Nous prenons quand même le temps d’aller voir le petit caravanserail de la ville, et nous nous trouvons aussi pris dans de longues discussions avec le proprio du camping, très sympa et bavard mais qui a des opinions particulières, sur le Covid et ses vaccins, sur les grecs, sur le fait que toutes les femmes turques devraient en couple mariées, etc.



Le lundi, nous reprenons la route en direction de la Cappadoce, reposés et plein d’énergie après notamment le gâteau au chocolat cuisiné et offert par un couple de français qui voyage à travers l’Europe en van depuis un an et demi.

Les 55km jusqu’à la prochaine grande ville Aksaray sont vite avalés, même en faisant un détour pour éviter par des routes secondaires la nationale D100.


Après une pause déjeuner, on bifurque vers une side road qui permet d’atteindre la Cappadoce en quittant la D100 et en passant par une série de petits villages et vallées.

Ça y est, ça devient un peu vallonné, on a enfin quitté le plateau anatolien ! Mais on souffre bien de la chaleur, c’est aujourd’hui le jour le plus chaud de la semaine, les quelques montées sont dures... L’air est tellement chaud que le goudron colle à mes pneus, j’ai presque l’impression de pédaler sur du chewing-gum.


On se dirige vers la vallée d’Ihlara, qui commence par la cathédrale de Selime, une sorte de séries de cheminées de fées. C’est assez touristique, et nous croisons pas mal de cars qui s’arrêtent pour visiter le lieu. A côté, une série d’échoppes qui vendent des glaces carte d’or probablement bien plus chères que dans le village moyen turc... Assez déconcertant de se retrouver aux milieux de touristes plus classiques, mais on en est à qu’à nos débuts, puisqu’on se dirige vers l’un des lieux les plus touristiques de la Turquie !



La route continue, sinueuse: on aperçoit au loin de nombreux villages; la vallée, creusée par un cratère, est supposée contenir 105 églises !

Encore une cinquantaine de km pour atteindre Goselyurt, notre lieu de villégiature pour la nuit.

Nous avons repéré un lac à l’orée de la ville, surplombée par un monastère. Sympa comme lieu de bivouac, même si l’eau du lac est trop boueuse pour avoir y envie de s’y baigner !



Le soir arrive vite, avec la fraîcheur: on est quand même à 1500m d’altitude. Nous ne sommes pas tout à fait tout seuls, un large troupeau de brebis menés par des kangales passe sur le sentier à côté alors qu’il fait déjà bien nuit, donnant lieu une ribambelle de sons de cloches et à un Matthias un peu apeuré qui craint de se faire attaquer par les chiens. Mais le berger veille au grain !


 

13 Septembre, jour 11 - de Gozelyurt à la Cappadoce


La nuit du lundi au mardi est bien agitée: d’abord un vent violent, puis des gouttes de pluie, suivie d’aboiement très bruyants de chiens, et enfin du passage à nouveau du troupeau de brebis et ses clochettes à l’aube.

Après avoir déjà subi 2 nuits à Sultananhi peuplées d’aboiements de chiens aussi très bruyants et insistants, j’ai simplement envie de tuer tous les chiens de Turquie. Ou même de la Terre !

Autre déconfiture, j’ai fait l’erreur de débutant de laisser un Tupperware avec des restes de nourriture dehors: je retrouve celui-ci sans dessus dessous le lendemain matin: apparement, le ou les chiens a bientôt aimé le fromage, mais pas le boulgour !


Nous continuons notre bout de chemin sur ces routes de campagne vallonnées, sous un temps bien plus clément pour le vélo que la veille, on a perdu une dizaine de degrés en température.

On y croise pèle-mèle des sortes de camps, ressemblant à des camps de réfugiés (s’agit-il de ça ou d’une ethnie nomade?), une décharge à ciel ouvert, quelques chiens et renards écrasés, et aussi des enfants qui aident leurs parents dans les champs; sont-ils encore trop jeunes pour aller à l’école ou n’y vont-ils pas ?


Au détour d’un col, on rencontre enfin nos premiers autres cyclo-touristes: un groupe tous assez légers, plutôt équipés de 2 sacoches que de 4, qui nous salue de loin, mais se précipite sur la descente. On en saura pas plus...



On s’arrête dans la grosse bourgade du coin, Derincuyu, où nous sommes bien heureux de trouver un marché avec plein de bons fruits et légumes pour le déjeuner. Ça a beau être une grosse bourgade, ma carte bleue n’est pas acceptée dans le distributeur: oups, je commence à être ric-rac en terme d’argent, mais la Cappadoce devrait être plus clémente avec ma carte bleue étrangère !


A la pause midi, Matthias nous concocte le reste de l’itinéraire pour l’après-midi via ses multiples applications de cartes, qui permet de rester sur les petites routes, tout en faisant pas trop de kilomètres en plus (en tout ce sera pile 100km pour la journée).

Au détour d’un hameau, un homme nous arrête pour nous offrir le café et les abricots tout juste tombés de ses arbres. Toute la famille fait une pause avec nous, et nous baragouinons l’anglais avec le fils, faisant des études en ingénierie de l’environnement.


On arrive en Cappadoce via une descente sur la ville d’Urgup, porte d’entrée sud de la région. Le paysage est tout de suite saisissant, tout comme les changements d’attitude de ces lieux très touristiques: sur la route, les multiples voitures nous klaxonnent plus pour nous saluer, mais pour nous dire de nous pousser, faisant même renverser mon vélo au moment d’un rétrécissement de chaussée.


Nous cherchons notre lieu de bivouac pour la nuit en nous aidant d’iOverlAnder; ceci nous conduit vers sunset point, un beau point de vue pour le coucher de soleil, mais bien sûr bourrés de touristes. L’emplacement exact commence à nous faire descendre dans un canyon via un sentier pentu et avec des marches d’escaliers; on galère avec nos vélos bien chargés; à trop vouloir être connecté et de servir de la technologie, on en oublie tout sens pratique !


On revient plus en hauteur, et on arrive à un lieu qui surplombe la vallée, où il reste encore de la place pour bivouaquer. Au passage, un automobiliste s’arrête pour me donner du pain spécial turc sucré, en me disant qu’il a pédalé au Japon, et qu’il sait dont j’ai besoin. Parfait pour compléter le petit déjeuner du lendemain!



Nous voilà bien installés, prêts à regarder le spectacle des montgolfières au petit matin; alors que la nuit tombe, la plupart des touristes déguerpissent; seul un van reste, ouf !




14 Septembre, jour 12 - une journée en Cappadoce


Au petit matin, nous sommes à l’affût, et le spectacle des montgolfières débute vers 5h45. Même si nous considérons que c’est un attrape touriste, le spectacle est quand-même magique; il se montre plus en photos qu’il ne se raconte.



Il doit y avoir presque une centaine de ballons. Avec environ 20 personnes par ballon, ça fait beaucoup de gens près à payer 200 euros pour un survol d’une heure de la Cappadoce. Et cela tous les jours du printemps, été et automne...


Nous décidons de rester une journée en Cappadoce, qui est au final un lieu assez restreint, se concentrant autour de 3 villes/villages, Urgup, Goreme et Avanos, à moins de 10km les unes des autres.


Nous flanons en vélo entre les trois lieux, en essayant d’éviter les endroits trop touristiques. Goreme, bâtie autour d’habitations troglodytiques, est le panache du surfait touristique.

Avanos par contre possède un certain caractère, avec sa rivière qui coupe la ville en 2, son côté arty avec ses ateliers de céramique et sa vieille-ville. Mais la présence d’un MacDo et d’un Starbucks prouve qu’on est pas dans la bourgade moyenne turque.



La principale préoccupation de l’après-midi est le retour imminent de Matthias en Allemagne via un vol à Kayseri, à une journée de vélo de la Cappadoce. Il n’a pas encore réservé son billet d’avion et est dans l’indécision totale sur quand le réserver, alors que les prix montent en flèche. Doit-il attendre la dernière minute en espérant une chute des prix ?


Finalement, attablé dans un café, il se décide à acheter son billet pour le samedi, en se mordant les doigts de ne pas l’avoir fait plus tôt...

Pendant ce temps, je prépare la suite de mon itinéraire en Turquie, commence à regarder des cartes routières de Géorgie, et surtout me met à jour sur les récents affrontements entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Sur le site de diplomatie.gouv, la partie nord de l’Arménie est classé en orange, alors que la partie sud qui permet de rejoindre l’Iran est zone rouge. Il y a donc des chances que je ne puisse pas atteindre l’Iran via l’Arménie et que je doive repasser par la Turquie à la place...


En fin d’après-midi, nous nous mettons en quête d’un lieu de bivouac qui nous donnerait une autre perspective sur le spectacle de montgolfière du lendemain.

L’occasion de visiter les canyons typiques de la Cappadoce en vélo, même si c’est un peu galère de circuler avec nos montures sur les pistes sablonneuses. Par contre, les quads s’en donnent à cœur joie, et alors que nous avons enfin repéré un lieu de bivouac assez en hauteur et accessible en vélo, nous assistons médusés au spectacle d’une véritable procession de quads conduits par des touristes qui défilent à toute vitesse dans des nuages de poussière. Il y en a plus d’une centaine, et telle une colonie de fourmis, on en voit plus la fin.



Et ce n’est pas fini: une fois arrivés sur le plateau propice à poser nos tentes, nous tombons sur des séances de photo-shooting aussi surréalistes: des femmes sur-maquillées avec des robes éclatantes et à longue traîne se font photographier devant le paysage à bord de voitures rétro type cadillac aux couleurs flamboyantes. Un vrai zoo touristique, cette Cappadoce !


 

15 Septembre, jour 13 - de la Cappadoce à Erciyes


Nous sommes réveillés par des bruits pétaradants de gonflement et de démarrage, qui couvrent même l’appel à la prière.

On est en fait en plein milieu des zones de lancement des montgolfières; tout autour, celles-ci se gonflent, s’allument petit à petit, puis décollent. Une autre perspective sur le spectacle !


Alors que le spot de la veille était plutôt calme à cette heure-là, on est vite encore entourés de plusieurs voitures rétro de type Cadillac avec des jeunes filles portant en général une grande route rouge avec traîne, pour se faire photographier devant le spectacle.


Je m’improvise moi aussi photographe pour Matthias, qui avec son bel appareil photo essaie d’obtenir le parfait shot de lui, son vélo, devant les rochers de Cappadoce et les ballons.




Une fois la majeure partie du spectacle terminée, c’est le temps des adieux pour Matthias et moi. Alors que celui-ci va prendre la route la plus directe pour Kayseri et ensuite préparer son retour en avion à Stuttgart, j’ai décidé de faire une petite boucle par le Sud avant de rejoindre Kayseri pour voir de plus près le fameux volcan, le Erciyes Dagi.


Mon copain m’a même envoyé le topo camp 2 camp de l’arête est, et l’ascension à cette époque a l’air faisable à cette période avec le peu de matériel que j’ai. Dans ce cas-là, une longue journée de vélo m’attend pour atteindre la station de ski à 2200m d’altitude, point de départ de l’ascension. C’est donc parti pour une nouvelle aventure !


Les au-revoirs entre Matthias et moi sont un peu émotionnels, on s’est vraiment bien entendus, ces 2 premières semaines auraient été bien différentes sans lui... Et sûrement plus galères. On se dit que ce n’est qu’un revoir, et on s’invite mutuellement à venir voir les montagnes grenobloises et munichoises (il compte s’installer près de Munich à son retour).

Mais je suis aussi pas mécontente d’être un peu seule, sans avoir à toujours fait des choix à 2.


Ma route me fait retourner vers l’entrée Sud de la Cappadoce, via Urgup. J’en profite pour faire un dernier tour des lieux à vélo, en admirant les dernières montgolfières dans le ciel, et en croisant même un chameau (!).


La route que je suis replonge ensuite dans une campagne plus profonde épurée de touristes et jalonnée de petits villages. Dans l’un deux, une femme me demande si je suis française; comme quoi même à vélo, les français sont reconnaissables !

C’est juste vallonné comme il faut pour ne pas être ennuyeux sans être fatiguant.


Après avoir atteint un col à 1535m, la route continue par descente plongeante avec vue sur le volcan. Puis, la route sillonne sur le plateau qui contourne le massif qui accueille le volcan, qui semble être sans fin. A l’heure du déjeuner, mon ventre commence à crier famine, et là, un village apparaît, mais sur ce plateau si plat, c’est presque comme un mirage, il a l’air bien plus près qu’il n’est en réalité.

Celui-ci ne paie pas de mine, le seul market est fermé, mais je m’arrête quand même pour la pause midi. Pour m’apercevoir 10km plus loin qu’il y avait un village bien plus sympa, avec un spot parfait pour pique niquer le long d’un étang. Tant pis !


Après 80km de vélo, je fais une bonne pause à Devili, une grosse bourgade, pour reprendre de l’énergie avant les 20km de montée qui m’attendent.

Puis je m’attaque à la montée. Celle-ci s’effectue sur une grande route et est très progressive, ça ne dépasse jamais les 7% de pente. Ça me rappelle les grandes routes américaines qui montent tout doucement dans les montagnes.


Mais ça grimpe quand même sans discontinuer. Avec un soleil de plomb et un vélo bien chargé (je maudirais presque Matthias qui m’a gentiment refilé ses cartouches de gaz restantes), j’en bave bien, les kilomètres défilent très lentement sur mon compteur.



J’arrive enfin à la station de ski Erciyes, peu après 18h. Après la chaleur étouffante, pas de demi mesure, dès que le soleil tombe, il se met à faire froid à une telle altitude.


Pas trop le choix que de trouver un hôtel, car j’ai besoin qu’on garde mes affaires pendant que je fais l’ascension du volcan le lendemain. Comme pressenti en regardant les hôtels sur la carte, la station est en fait constituée que d’hôtels de luxe (plus bien sûr d’une mosquée), dont la moitié semble fermés en cette saison. Il y a un grand Radisson Blu avec spa et compagnie qui domine d’ailleurs les autres complexes hôteliers.



Je m’arrête à l’hôtel qui me semble le plus miteux et je négocie une chambre pour une vingtaine d’euros: c’est probablement la chambre d’hôtel la plus chère que je payerais en Turquie, mais quand je vois à quoi elle ressemble, je me dis qu’en France, elle m’aurait probablement coûté presque 10 fois plus !


La place qui accueille les quelques magasins de la station est déserte et fantôme, mais c’est l’endroit parfait pour cuisiner mon dîner au réchaud. Je regarde en détail le topo camp to camp pour faire l’ascension du volcan via l’arête est. Celui-ci indique en fait que la rando prend entre 10h30 et 12h. Ça me parait un peu la mission, après déjà cette longue journée de vélo, et le fait que je dois aussi trouver un emplacement de bivouac pour camper avant la tombée de la nuit le lendemain... Mais on verra bien, demain est un autre jour !


 

16 Septembre, jour 14 - ascension du volcan Erciyes Dagi


Je pars vers 7h pour gravir le Erciyes Dagi, après avoir eu même le temps de finir de sécher ma lessive à coups de sèche cheveux. Je profite de tous les avantages de l’hôtel comme je peux !


Peu équipée pour la randonnée, munie de simples baskets plutôt en fin de vie, jamais je ne suis partie en montagne avec un sac à dos aussi minimal, mais l’essentiel est là, notamment 2L d’eau pour palier à la chaleur et à l’aridité du massif, et je prends même mon casque de vélo puisque le topo mentionne des chutes de pierre. Ça fait néanmoins du bien de se sentir légère, après tous les kilos portés sur mon vélo lors de la montée d’hier !


En guise de sentier, je suis au début les langues de terre qui bordent les télésièges, qui doivent être les pistes de ski l’hiver. La station semble quand même plus moderne que ce que j'ai pu observer dans la Géorgie voisine, il y a même une télécabine.


Une fois arrivée au sommet des pistes, je suis tout de suite dans le cirque du volcan. L’Arête Est est bien longue, et je bifurque tout de suite pour la rejoindre.


Dès que j’arrive sur le fil, un vent de tous les diables souffle, mais heureusement s’effrite au fur et à mesure que je monte.

Le paysage dans le genre lunaire est magnifique, avec de très beaux dégradés de couleur dans les ocres et rouges, que l’appareil photo de mon téléphone ne parvient à retransmettre qu’une pâle copie.




Le cirque du volcan est jalonné de petites arêtes effilées de toutes parts, et j’imagine déjà toutes les courses d’arête qu’on pourrait imaginer, même si le rocher a l’air assez délité.

Et surtout l’Arête Est que je silonne est bordée de belles pentes, qui doivent être un régal à skier...

Bien qu’impressionnante, l’Arête est débonnaire, et se randonne facilement.

La dernière pente sommitale est un plus délicate, il faut avancer en posant les mains dans les éboulis.

J’arrive d’abord au faux sommet, celui le plus simple à approcher mais le moins haut, où trône un drapeau turc et un livre d’or que je signe.

Le vrai sommet est sensé comporter d’après le topo des passages d’Escalade exposés, mais se grimpe en fait comme un jeu d’enfant !

Au final, une ascension plutôt simple sans névés à cet époque, je mets moins de 5h.




D’après le topo, je suis sensée parcourir l’Arête dans le sens inverse pour redescendre, mais je repère vite un sentier qui me semble être un bon raccourci dans ce sens-là. Et en effet, me voilà en train de faire des glissades à toute vitesse dans une des pentes qui borde le cirque du volcan remplie d’éboulis. Jamais je n'ai vu un terrain aussi propice à de telles glissades très sûres à la descente (à côté le Dévoluy c’est de la gnognotte), je vais presque aussi vite qu’avec des skis!

Au final, ma descente passe par des sentiers bien différents qu’à la montée, et je tombe même sur une longue traverse en pierres qui fait un parfait sentier de randonnée.



J’arrive vers 15h30 à l’hotel, pour récupérer mon vélo. Là, le proprio de l’hôtel se détend et se délie par rapport à la veille, m’offre un café et nous discutons un moment sur mon ressenti par rapport à la Turquie, le fait de voyager seule sans mon (prétendu) mari, de la station de ski, des problèmes de conflits dans les pays voisins et des réfugiés, avec notamment le cas de la Syrie. Je repars avec sa carte de visite et il me dit de ne pas hésiter à l’appeler en cas de pépins ou de besoin de traduction anglais/turc !


Pour la nuit, j’ai décidé de rester bivouaquer vers la station, à côté d’un lac. Avant d’installer mon campement, je m’arrête à un food truck que j’avais repéré la veille, et le seul endroit où je puisse potentiellement trouver à manger (il me reste quelques vivres pour le dîner, mais qui je sens ne vont pas combler mon estomac affamé).

Manque de chance il n’y a qu'a boire. Le proprio semble cependant pris de sympathie pour moi, et nous commençons à discuter via Google Translate, puisqu’il ne parle pas un mot d’anglais. J’apprends qu’il est perchman l’hiver à la station. Celui-ci ne sait traduire les mots qu’un à un sur Google Translate au lieu de traduire des phrases, la conversation est donc assez laborieuse, mais c’est assez cocasse, je patiente, surtout qu’il m’offre le thé et du pain pour la soirée.

Mais la situation devient tout de suite moins drôle quand il me dit qu’il est tout excité et a envie de moi !

Oups, maintenant je dois me sortir de la situation, je ré-évoque le prétendu mari déjà mentionné, et j’arrive finalement à partir pour monter ma tente.


Mais alors que je finis d’installer mon campement, je vois une voiture débouler: c’est encore lui, qui revient à la charge... Cette fois avec du chocolat chaud et du saucisson.

Il m’envoie alors des signaux contradictoires, me disant que si la situation me paraît inconfortable, il peut partir, mais qu’il m’aime vraiment bien, et qu’il voudrait au moins un bisou. Je décline et arrive à me débarrasser de lui, j’espère une bonne fois pour toute ! Le pauvre a au fond pas l’air mechant, il a un air plutôt triste, et me dis se sentir bien seul...

Drôle d’histoire qui m’arrive dès le premier jour où je voyage seule, espérons que cela reste un incident isolé...


Je m’endors finalement pas loin d’un de ces fameux camps de réfugiés, qui a élu demeure à proximité du lac, et de quelques familles qui ont aussi posé leur tente au bord du lac. Demain, la journée de vélo commencera par une descente de 20km pour atteindre Kayseri, une des plus grandes villes de Turquie.




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